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Peut-on donner une pilule œstroprogestative aux femmes qui allaitent ?
24/02/12
Une contraception est nécessaire en post-partum et elle doit commencer rapidement après l’accouchement afin de réduire tout risque de grossesse non désirée. Chez la femme qui allaite, cette contraception se doit d’être à la fois efficace et sans inconvénients pour l’allaitement et pour la croissance de l’enfant. Parmi les contraceptifs oraux, ceux comportant seulement un progestatif sont habituellement préférés aux contraceptifs combinés œstroprogestatifs (COC), qui sont soupçonnés de diminuer la lactation ce qui peut affecter la croissance infantile pendant 6 à 8 semaines post-partum. Par contre, en l’absence d’allaitement, les COC présentent certains avantages par rapport aux contraceptifs à progestatif seul, tels qu’une meilleure efficacité en terme de contraception et moins d’effets secondaires. Ainsi, les COC constitueraient une meilleure méthode contraceptive par rapport aux contraceptifs à progestatif seul, n’était leur impact sur l’allaitement. Mais celui-ci est-il vraiment significatif ?
Pour répondre à cette question, une étude prospective randomisée et en double aveugle, menée à l’Université du Nouveau Mexique entre 2005 et 2008, a comparé l’impact des contraceptifs à progestatif seul avec celui des contraceptifs combinés sur la stabilité de l’allaitement à 8 semaines post-partum. Certains critères secondaires ont aussi été évalués, tels que la croissance infantile, la prolongation de la méthode contraceptive et la satisfaction de la patiente.
Au total 127 femmes en post-partum âgées de 15 à 45 ans, qui avaient l’intention d’allaiter leur bébé et désireuses d’une contraception orale ont été randomisées et assignées soit au groupe contraception par progestatif seul (n=63 ; noréthindrone 0,35 mg/j) soit au groupe contraception combinée œstroprogestatifs (n=64 ; noréthindrone 1 mg + 0,035 mg E2/j pendant 21 jours). A deux et huit semaines post-partum, les femmes ont complété un questionnaire concernant l’utilisation des contraceptifs et la continuation de l’allaitement. La croissance de l’enfant (poids, taille, périmètre crânien) a été évaluée à huit semaines post-partum. Les femmes ont répondu également à des questions évaluant l’allaitement, la prolongation des contraceptifs et la satisfaction à 3-7 semaines et à 4 et 6 mois post-partum.
Le groupe CP et le groupe COC n’ont présenté aucune différence en terme de taux de maintien de l’allaitement à huit semaines post-partum (groupe CP : 63,5 % et groupe COC: 64,1 %), de prolongation de la contraception (groupe CP : 100 % et groupe COC : 98 %) et des paramètres de croissance infantile (poids : p=0,56 ; taille : p=0,41 ; et périmètre crânien : p=0,79). La perception maternelle d’une lactation inadéquate (diminution de la quantité de lait) a été la cause la plus fréquente de l’interruption de l’allaitement ou de la contraception dans les deux groupes. Les taux de satisfaction des femmes, en ce qui concerne leur méthode contraceptive et l’allaitement, ont été similaires entre les deux groupes. Aucune grossesse et aucun effet adverse n’ont été rapportés pendant les 6 mois de suivi.
En conclusion, les résultats de cette étude sont rassurants quant à l’utilisation des COC en post-partum chez les femmes qui allaitent. Ils suggèrent que la durée d’allaitement et la croissance infantile ne différent pas entre les femmes ayant démarré à deux semaines post-partum un contraceptif à progestatif et celles ayant démarré un contraceptif combiné œstroprogestatif. Cependant, d’autres études plus larges restent nécessaires pour clarifier les effets des contraceptifs oraux œstroprogestatifs sur la lactation.
Dr Viola Polena
Espey E et coll. : Effect of progestin compared with combined oral contraceptive pills on lactation: a randomized controlled trial. Obstet Gynecol. 2012 ; 119 : 5-13.
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Le risque de caillot sanguin pourrait augmenter avec certaines pilules contraceptives
1/11/11
D’après un rapport publié par la FDA, l’agence américaine des médicaments, certaines pilules contraceptives récentes sembleraient accroitre le risque de formation de caillot sanguin, nettement plus que des contraceptifs oraux plus anciens.
Tandis que la pilule est prise par 60% des femmes sous contraceptifs, c’est une découverte importante que vient de révéler la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine des médicaments. D’après un rapport récemment publié, certaines pilules récentes seraient associées à un risque accru de formation de caillot dans le sang. Un danger qui serait plus élevé avec celles-ci qu’avec d’autres formules plus anciennes et qui avait déjà été mis en évidence par deux études publiées récemment dans le British Medical Journal.
Pour arriver à une telle conclusion, les chercheurs de la FDA ont en fait analysé les résultats d’études qui ont porté sur plus de 800.000 femmes au total et ayant utilisé différents moyens de contraception entre 2001 et 2007. Grâce à cela, ils ont pu comparer les effets engendrés par les différents types de pilules. C’est ainsi qu’ils ont établi que certaines pilules contenant de la drospirénone, un gestagène synthétique de nouvelle génération proche de la progestérone naturelle, présentaient un risque de caillot sanguin 1,5 fois plus important que celui engendré par des pilules plus anciennes contenant de la lévonorgestrel.
Parmi les pilules mises en cause, figurent notamment les deux plus vendues, Yaz et Yasmin commercialisées par le laboratoire allemand Bayer et qui combinent la drospirénone à de l’éthinylestradiol, un oestrogène très courant dans les contraceptifs oraux. Par ailleurs, la FDA a identifié un risque comparable avec le timbre contraceptif Ortho Evra pour une semaine de la firme Johnson and Johnson et l’anneau vaginal contraceptif mensuel NuvaRing du laboratoire Merck. « Ces trois méthodes de contraception sont liées à un plus grand risque de phlébite comparativement à des contraceptifs standards à faible dose », a écrit l’Agence américaine des médicaments reprise par l’AFP.
Un effet trop faible pour déconseiller la prise, selon l’EMEA
Pour l’heure, la FDA indique néanmoins sur son site ne pas être encore arrivée à une conclusion définitive sur l’innocuité de ces contraceptifs qui sera soumise à un comité consultatif d’experts le 8 décembre. Mais en mai dernier, l’Agence européenne du médicament (EMEA) était parvenu à la même conclusion et avait recommandé que le label d’avertissement soit mis à jour pour en tenir compte. En revanche, l’agence relevait que le risque général de formation de caillot lié à toute méthode de contraception demeurait faible, ne justifiant donc pas, selon elle, une recommandation aux femmes de cesser de prendre des pilules contenant de la drospirénone.
En vérité, ces nouvelles pilules font déjà l’objet de plusieurs actions en justice dont une visant la pilule Yaz de Beyer engagée plus tôt cette année par les parents d’une jeune Américaine décédée à la suite d’un caillot sanguin. Sur son site internet officiel, Beyer indique néanmoins que Yaz est lié à un accroissement du risque de plusieurs effets secondaires graves dont des caillots de sang, des accidents vasculaires cérébraux et des crises cardiaques.
Source : Maxisciences.com
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